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La santé mentale des oncologues, un facteur clé de la sécurité des soins des patients

Parce que plusieurs études pointent régulièrement l’état de santé préoccupant des médecins et ses répercussions potentiellement problématiques sur la prise en charge des patients, il est aujourd’hui crucial d’examiner plus spécifiquement le lien entre la santé mentale de ces soignants et leur engagement dans l'exercice de leur activité, cette relation constituant une étape clé vers la sécurité des soins. Dans cette perspective, des chercheurs de l’équipe de recherche en psychologie « QualiPsy » de l’Université de Tours et du service d’onco-hématologie pédiatrique du CHRU de Tours ont mené une étude de grande ampleur ciblant les oncologues, en collaboration avec l’association Soins aux Professionnels de la Santé (SPS) et le soutien institutionnel d’Amgen France. Objectif : apporter un éclairage sur les leviers à actionner pour améliorer la santé mentale des oncologues, afin de renforcer leur implication dans leur travail. Et cela tombe bien puisque la santé mentale des Français est érigée Grande cause nationale pour 2025 par le gouvernement1.

Fin 2023, un rapport sur la santé des professionnels de santé mené par le Ministère du Travail de la Santé et des Solidarités, pointait l’urgence de mieux connaître et de protéger les professionnels de santé. Il devrait donner lieu prochainement à la publication d’une feuille de route. Cette nouvelle étude, la première de cette ampleur, menée par des chercheurs de l’équipe « QualiPsy » de l’université de Tours et du service d’onco-hématologie pédiatrique du CHRU de Tours, en collaboration avec l’association SPS et le soutien institutionnel d’Amgen France, a voulu contribuer à cette ambition en enquêtant spécifiquement auprès des oncologues, confrontés à des parcours de soins de plus en plus nombreux et de plus en plus complexes pour leurs patients.

Précisément, cette vaste recherche s’attache, contrairement à d’autres publications antérieures sur cette population, à l’étude de marqueurs positifs de la santé psychologique des oncologues, à leurs déterminants et à leurs conséquences sur la qualité de prise en charge des patients.

« Cette étude sur la qualité de vie des oncologues se distingue par son caractère inédit et son ampleur. Jamais auparavant une analyse aussi rigoureuse et détaillée n'avait été réalisée dans ce domaine et publiée dans une revue scientifique, mettant en lumière des aspects cruciaux sur les liens existants entre l’engagement et la bonne santé mentale des oncologues et l’exercice de leur profession, dans une optique de sécurité des soins pour leurs patients », souligne Catherine Cornibert, Membre de l’association SPS.

De nombreux répondants, à travers toute la France.

Au total, ce sont 541 professionnels de santé en oncologie, travaillant dans divers hôpitaux français qui ont répondu à 100 questions portant notamment sur la qualité de vie au travail ainsi que sur différentes facettes de leur activité professionnelle et de leur santé mentale. Ces oncologues relevaient de différentes disciplines, avec des statuts variés et issus de structures diverses.

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Le premier constat issu de cette étude est plutôt rassurant puisque les données révèlent que les oncologues interrogés expriment un niveau plutôt élevé d’épanouissement psychologique, avec une moyenne de 3.82 et un écart-type de 0.62 sur une échelle en 5 points. On note néanmoins que les hommes présentent une satisfaction au travail et un épanouissement psychologique plus élevés que les femmes et que les professionnels de santé travaillant dans des établissements privés affichent des scores plus élevés que ceux travaillant dans des hôpitaux publics.

Le second constat a trait à la relation démontrée entre la santé mentale de ces oncologues et leur efficacité au travail. Parmi les réponses aux questions posées, certains indicateurs se révèlent être clés dans la relation qui lie la qualité de vie au travail et l’engagement professionnel des oncologues auprès de leurs patients.

Ainsi, plus les indicateurs d’épanouissement psychologique sont élevés, plus les oncologues font preuve d’engagement au travail, d’ajustement dans leurs missions et leurs tâches ainsi que d’empathie vis-à-vis des patients.

Empathie Engagement au travail Ajustement aux missions et à la tâche
Score moyen de 3.98/5 et écart-type de 0.52 : capacité d’empathie élevée. Score moyen de 3.79/5 et écart-type de 0.61 : engagement au travail globalement élevé. Avec une moyenne de 3.98/5 et un écart-type de 0.60, la plupart des oncologues manifestent une bonne capacité d’ajustement à leurs missions et à leurs tâches.
Empathie
Score moyen de 3.98/5 et écart-type de 0.52 : capacité d’empathie élevée.
Engagement au travail
Score moyen de 3.79/5 et écart-type de 0.61 : engagement au travail globalement élevé.
Ajustement aux missions et à la tâche
Avec une moyenne de 3.98/5 et un écart-type de 0.60, la plupart des oncologues manifestent une bonne capacité d’ajustement à leurs missions et à leurs tâches.

Le troisième constat porte sur certains leviers majeurs de la santé mentale des oncologues :

Au final, le soutien et la reconnaissance de la Direction de la structure de soins, la lutte contre le sentiment d’isolement et un environnement de travail plus inclusif constituent trois leviers majeurs sur lesquels agir pour améliorer durablement la santé mentale des oncologues.

Soutien de la Direction Isolement au travail Soutien des collègues
Avec un score moyen de 2.24 sur 5 et un écart-type de 0.96, la majorité des répondants perçoivent un faible soutien organisationnel dans leur activité (score variable entre 1.76 et 2.52 sur 5) Avec un score moyen de 1.89 sur 5 et un écart-type de 0.76, la plupart d’entre eux ressentent un isolement relatif au travail (score variable entre 1.13 et 2.65 sur 5) Avec un score moyen de 3,65 sur 5 et un écart-type de 0.91, les oncologues interrogés ressentent un soutien probant de leurs collègues.2
Soutien de la Direction
Avec un score moyen de 2.24 sur 5 et un écart-type de 0.96, la majorité des répondants perçoivent un faible soutien organisationnel dans leur activité (score variable entre 1.76 et 2.52 sur 5)
Isolement au travail
Avec un score moyen de 1.89 sur 5 et un écart-type de 0.76, la plupart d’entre eux ressentent un isolement relatif au travail (score variable entre 1.13 et 2.65 sur 5)
Soutien des collègues
Avec un score moyen de 3,65 sur 5 et un écart-type de 0.91, les oncologues interrogés ressentent un soutien probant de leurs collègues.2

Une étude qui apporte une perspective nouvelle sur l’amélioration de la qualité de vie au travail des oncologues et la qualité des soins des patients.

Traditionnellement nous l’avons souligné, les précédentes études consacrées à la santé des oncologues, se sont concentrées sur les aspects négatifs de leur santé psychologique au travail. Cette étude a adopté une perspective résolument novatrice en adoptant une perspective positive, mettant en avant l'épanouissement professionnel comme une dimension essentielle pour améliorer la qualité de vie des oncologues et in fine la sécurité des soins des patients. Ces données ont fait l’objet d’une première publication dans la revue Psycho-Oncology3 et deux autres publications sont prévues dans les prochains mois.

« Dans un contexte où la santé mentale des professionnels de la santé est devenue une priorité de santé publique, cette étude souligne le caractère fondamental de protéger ces soignants pour l’efficience de leur profession et de la bonne prise en charge des patients. Nous savons ce qu’il faut faire, il faut maintenant que toutes les parties prenantes s’engagent pour redonner du plaisir au travail des soignants. »Philippe Colombat, hématologue à l’Université de Tours.

Un projet de recherche soutenu par Amgen France.

Ce projet de recherche initié en 2022 est soutenu par Amgen France car Il s’inscrit pleinement dans la stratégie de l’entreprise à s'engager activement auprès des établissements et des professionnels de santé.

« En mettant en lumière l'importance de l'épanouissement psychologique et du soutien organisationnel des oncologues, nous ouvrons la voie à des stratégies efficaces pour améliorer leurs conditions de travail et par conséquent, l’expérience des parcours de soins pour les patients. En investissant dans la santé de ceux qui prennent soin des autres, nous investissons pour toujours améliorer la lutte contre le cancer » - Nathalie Varoqueaux, Directrice médicale, Amgen France

En collaboration avec l’association Soins aux Professionnels de la Santé (SPS).

Parce que SPS, pour adapter ses actions, cherche en permanence à comprendre le besoin de préserver la santé des soignants pour la vie de tous, il était pertinent de proposer à Amgen et une équipe de recherche de réaliser une étude de grande ampleur. Cette étude a permis de montrer que la santé mentale des oncologues et leur épanouissement professionnel sont des facteurs clés de la sécurité des soins des patients.

amgen sps de-tours

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Sources :

1 « La santé mentale, Grande cause nationale en 2025 », octobre 2024, www.info.gouv.fr

2 Données Qualipsy-Université de Tours en partenariat avec l’association SPS

3 Définitions des sigles - CCA/AHU : Chefs de clinique des universités-assistants des hôpitaux universitaires | MCU/PU-PH : Maîtres de conférence des universités/Professeurs des universités-Praticiens hospitaliers | PH : Praticien hospitalier

4 Données Qualipsy-Université de Tours en partenariat avec l’association SPS

5 Bossard M, Lejeune J, Coillot H,Colombat P, Fouquereau E. Oncologists' psychologicalflourishing: a driving force for positive attitudes at work.Psychooncology. 2024;e6372. https://doi.org/10.1002/pon.63728 of 8 - BOSSARD ET AL.

FRA-NP-0225-80007 - Avril 2025.